Textes et Réflexions


 

Malgré les lourdes bourrasques...

Cliente anonyme , 2009.

 

 

Malgré les lourdes bourrasques de neige dans mon esprit, qui s'abattent parfois de manière inattendue, cette route était vraiment nécessaire. Une déconnexion des habitudes de travail que j'avais mises en place, et qui me soulage. Une tentative de reconnexion à d'autres éléments bien plus essentiels, pas toujours faciles à nommer, et qui commence peu à peu à s'infiltrer avec d'autres énergies qui s'étaient perdues. Le temps du regard sur moi-même est plus accessible, mais je sens que je n'ai pas encore suffisamment de confiance, encore trop de fatigue ou de peurs ou de tristesses parfois, pour doucement prendre et ressentir la voie de changements.
Ce chemin-là de toute façon sera long... toute une vie !

Mais les jours où je retrouve une envie et une joie, comme resurgie de lointaines grottes, d'aller vers les découvertes, d'avancer à nouveau vers quelque chose qui brille dans l'aventure de la vie, je parviens à me dire alors que tout cela en vaudra peut-être bien la peine. Que bien sûr, il ne pourrait en être autrement pour moi que d'en être là où je suis et que c'est tant mieux. Comme une aubaine, une clé bien spéciale, au goût mi-amer mi-sucré, mais incontournable.

Les perspectives sont floues. Mais le flou fait du bien, finalement. Je comprends mieux le "petit à petit", la petitesse des pas à faire, en me laissant aller au gré du vent marin. Les reflux de stress qui tombent sans prévenir sont cernés, découpés, et d'autant plus repoussants. J'espère réussir à conserver la part des choses.
A me relever à chaque fois que je n'y vois plus clair et que tout se met à trembler autour... enveloppé d'une grande solitude noire.
Je m'efforce d'essayer d'aimer cette solitude qui désormais fait partie de moi. De l'apprivoiser. Je n'y arrive pas toujours, mais j'essaie.

En même temps, je ne vois pas ce que j'aimerais d'autre dans ce temps présent, à part cette solitude justement. Les visages souriants qui restent passagers me conviennent, j'ai besoin de ce mouvement pour être avec moi-même. Me parler et m'écouter. Prendre le temps d'observer et partager les richesses des autres tout en continuant à marcher.

Le sac est juste lourd parfois et je voudrais alors le lancer à la mer, pour l'oublier parmi les vagues. Je ferme les yeux et je me donne du repos.
L'hiver approche et quelques fois j'ai hâte en me disant que son grand manteau blanc viendra geler les peaux mortes et les faire disparaître dans le froid glacé de l'air. Je le vivrai longuement, le respirerai, le laisserai envelopper et saisir ce qu'il reste de vie pour l'endormir et le régénérer durant de longs mois. Jusqu'à ce que fleurisse un printemps.

Parfois dans mes solitudes, je te mets en pensée comme pour que tu m'accompagnes encore.
Merci pour les moments que nous avons partagés.